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Ski

Le Canada par héliski

by Skiaar
9 sept. 2025

Desde Buenos Aires, du New Jersey ou de Calgary, elles ont quitté leurs maisons, leurs partenaires et leurs enfants pour vivre quelque chose de différent. Au lieu de boutiques, de spas ou de shopping, elles ont choisi un hélicoptère, une montagne isolée et de la neige immaculée. Une histoire qui est plus qu'une anecdote alpine : c'est une ode à l'amitié, à la liberté et à la bravoure féminine en terrain inexploré.

Vêtues de parkas brillantes, trop chargées et dotées d’une énergie contagieuse, elles ont posé pied sur l’hélisurface comme s’il s’agissait d’un podium. Elles laissaient derrière elles maris, enfants et routines. Certaines s’étaient rencontrées dans le bus depuis l’aéroport de Calgary, d’autres à peine quelques minutes auparavant. En moins de trois heures, elles partageaient déjà leurs histoires, leurs vies et, le plus important, leur passion pour le ski. Ellen Slaughter, leur hôtesse, les a surnommées avec un sourire : «Chicks in Choppers».

L’enclave

L’Adamant Lodge, niché au cœur des montagnes Selkirk en Colombie-Britannique, serait leur camp de base. De là, chaque matin, les hélicoptères décollaient avec quatre skieuses et deux guides à bord, en direction de glaciers immaculés où il n’y a pas de pistes, seulement l’intuition et la technique. Là, la neige est légère comme de la poudre, parfaite pour flotter, idéale pour celles qui cherchent à skier au-delà des limites.

Canadiennes, Américaines, une Argentine, une Britannique. De 26 à 51 ans. Femmes d’affaires, mères, cyclistes, agentes immobilières. Elles étaient unies par la volonté de vivre quelque chose de différent. Silvana, qui a volé seule depuis Buenos Aires après des années sans avoir pu convaincre son mari. Brett, habituée à skier avec son frère mais désireuse de le faire avec d’autres femmes. Kate, la plus jeune, qui a fini par trouver l’inspiration auprès de celles qui avaient déjà vécu bien plus que de simples descentes.

L’expérience

Guidées par l’experte Alison Andrews et soutenues par le prévenant Jeff Bodnarchuk, elles ont affronté des défis physiques et émotionnels : sept heures quotidiennes dans la neige vierge, de courts sauts en hélicoptère, des virages sur les glaciers, et une fatigue qui se dissipait avec des éclats de rire, des bains thermaux et du vin en fin de journée. Toutes n’ont pas tenu le même rythme. Certaines rentraient plus tôt. D’autres donnaient tout jusqu’à la dernière descente.

Le lien

Entre descentes et blagues, quelque chose de plus fort que la neige environnante a émergé : la complicité. Elles ont partagé blagues, astuces, peurs et aussi besoins primaires sans tabou. Quand la nature les rappelait, elles s’organisaient en file pour faire pipi en plein air, obligeant les guides hommes à détourner le regard. La neige n’était pas seulement le terrain, c’était le décor où chacune, à sa manière, retrouvait elle-même.

Le repos

Après chaque journée, les lits du lodge, les massages et les dîners aux tables communes étaient le couronnement parfait. Un verre de vin à la main et les quadriceps à bout, elles commentaient la technique, les frayeurs, la beauté de la journée. Tout cela pendant que dehors, dans l’obscurité, les élans et les aigles gardaient un territoire où l’on n’entend rien d’autre que le vent.

Recommenceraient-elles ? Toutes. Shauna, la blagueuse, prévoyait déjà de revenir. Silvana voulait amener son mari. Brett cherchait une expérience mixte. Kate, encore en train de digérer ce qu’elle avait vécu, comprenait qu’elle avait appris plus sur la vie que sur le ski. Car entre hélicoptères, montagnes et rires, elles ont réalisé que cette aventure n’était pas seulement une escapade, c’était une conquête. Et elles, sans aucun doute, écrivent aussi l’histoire sur la neige.