La technologie MONTIS utilise des drones pour déclencher des avalanches à distance, réduisant ainsi les risques humains dans les stations de ski et sur les routes.
La gestion du risque d'avalanche a toujours été un équilibre précaire entre précision technique et exposition humaine. Pendant des décennies, la procédure consistait à provoquer des glissements contrôlés avant qu'ils ne se produisent spontanément. Ce qui a changé, et de manière radicale, c'est la façon dont cela est exécuté.
Dans des endroits comme Little Cottonwood Canyon, dans l'Utah, les canons militaires ont été pendant des années le principal outil pour déclencher des avalanches à distance. Plus tard sont apparus des systèmes fixes installés en montagne, capables de faire détoner des charges sans présence directe. Et, en parallèle, subsiste l'image classique et dangereuse du pisteur transportant des explosifs et avançant sur de la neige instable. Ce modèle commence maintenant à être dépassé.
La société Drone Amplified a développé MONTIS, un système qui utilise des drones pour transporter et déposer des charges explosives sur des pentes critiques, dans le but d'éliminer au maximum la présence humaine dans les zones à haut risque.
Le drone survole des pentes enneigées et déclenche des détonations depuis les airs, évitant aux équipes d'avoir à accéder physiquement à des zones potentiellement instables ou exposées à des conditions météorologiques extrêmes.
Derrière cette avancée se cachent quatre années de développement en collaboration avec des fabricants d'explosifs et des organismes publics tels que le Département des transports de l'Alaska. L'objectif est d'étendre le système à d'autres agences et opérateurs privés aux États-Unis, élargissant son utilisation au-delà des projets pilotes.
Mais MONTIS ne sort pas de nulle part. La même entreprise avait déjà appliqué cette logique aux feux de forêt, en utilisant des drones qui larguent de petites charges capables d'initier des feux contrôlés. Le schéma est clair : transférer les tâches critiques, répétitives et dangereuses vers des systèmes autonomes.
Le ski n'échappe pas non plus à cette transformation. Au Japon, la station de Nozawa Onsen a expérimenté les drones comme assistants opérationnels : de l'inspection des pistes au contrôle des skieurs hors-limites, même avec des messages audio en temps réel.
D'une part, la technologie réduit les risques et optimise les opérations. D'autre part, elle introduit une couche de surveillance et d'automatisation qui modifie la relation entre la montagne et le skieur. Ce qui était autrefois un terrain imprévisible et humain commence à être géré comme un système surveillé depuis les airs.
La question pertinente n'est pas de savoir si ces systèmes s'imposeront, mais comment ils redéfiniront l'expérience de la montagne. Car lorsque la sécurité devient invisible et automatisée, la perception du risque change également et, avec elle, la manière dont nous habitons l'environnement alpin.







